Le procédé

intégral             Cette page propose la consultation linéaire du procédé présenté dans son intégralité.

Avant-propos 
Une langue complexe
Les lettres sont équivoques
          Valeur phonétique
          Valeur orthographique lexicale
          Valeur orthographique grammaticale
Rendre visible ce qui est dissimulé
Utiliser les ressources de la vue    
Un codage de recours
Les phonèmes voyelles
Code facilecture (voyelles) 
Le codage des lettres muettes
Remarques sur le code couleur
          Phonèmes  [O] [Œ ] [E]  
          Phonèmes [A] et [Ẽ]
          Phonème [y]
          Phonème [w]
          Phonèmes [i] [j]                                                            
Les phonèmes consonnes 
          c, g, s, t, x
          Les digraphes
Code facilecture (consonnes) 
Les apports du codage facilecture
Les avantages du procédé pour l’apprenant


 

Avant-propos

L’accompagnement d’élèves en difficulté dans l’apprentissage de la lecture a régulièrement suscité en moi la réflexion suivante :
Ils sont perdus  dans la jungle des lettres et n’arrivent pas à trouver leur chemin dans ce labyrinthe. Ils cherchent, tournent en rond, s’épuisent et abandonnent. 
Pourtant la clef est là, sous leurs yeux, dissimulée dans cette jungle de lettres, mais ils ne la voient pas.
Comment les aider à la voir ?

J’en suis arrivé à me poser la problématique suivante : comment, sans modifier la structure même de la langue écrite, introduire en elle -dans son corps même- des indices visuellement  perceptibles qui permettraient d’aider un  apprenant à saisir le code de fonctionnement de la langue et partir à sa conquête ?
Si l’on pouvait de manière simple signaler visuellement à l’apprenant la valeur sonore des graphèmes dans un texte, sa tâche en serait facilitée.
Comment l’aider à « voir les sons » ?

Après bien des recherches, tâtonnements, expérimentations, je suis parvenu progressivement à mettre au point un procédé et un outil répondant à  l’objectif que je m’étais fixé.
Ce procédé, je l’ai  nommé
facilecture.
Comme son nom voudrait le signifier il a pour objectif de faciliter l’apprentissage de la lecture.

Comme on pourra le comprendre à la lecture du propos qui suit, l’intérêt du procédé  est de permettre à tout individu jouissant de capacités sensorielles ordinaires de mieux appréhender la langue écrite afin d’aller à sa conquête.

                                                                                                                                         

Une langue complexe

Dans bon nombre de langues la correspondance entre les sons et les signes est régulière et univoque :
à un son unique correspond un signe graphique unique, et inversement.
Dans ce type de langues l’apprentissage de la lecture est aisé.

L’une des caractéristiques de la langue française (ce qui fait sa complexité à l‘écrit) est qu’il n’y a pas de correspondance univoque entre sons et signes.

En français, un même son peut avoir p
lusieurs graphies et la même graphie peut avoir plusieurs sons.
Ces cas sont multiples dans notre langue et constituent l’une des raisons principales des difficultés rencontrées dans l’apprentissage de la lecture par de nombreux élèves.

Notre alphabet compte 26 lettres.
Notre système phonologique compte 36 phonèmes (sons de la parole).
Pour transcrire ces phonèmes, nous utilisons plus de 130 graphèmes (lettres ou groupes de lettres transcrivant les sons).

Il s’agit donc pour un élève d’apprendre à faire correspondre 130 graphèmes à 36 phonèmes. Tâche éminemment complexe.

C’est dans cette "équation " que  réside la source de bien des difficultés pour de nombreux élèves.

                                                                                                                                                      

Les lettres sont équivoques

Dans notre langue, les lettres sont équivoques :

            Elles peuvent être le signe d’un son ou de plusieurs sons … ou d’aucun
            Elles peuvent être aussi le signe d’un sens ou de plusieurs sens

Seule ou associée à d’autres, la lettre a des valeurs variables :

       Valeur phonétique
Valeur orthographique lexicale
Valeur orthographique grammaticale

Valeur phonétique

Les exemples ci-dessous montrent que l’association de deux lettres, se succédant dans une position identique, peut produire des résultats sonores bien différents :

u + n           lundi                    lune                           
u + m          parfum               parfumerie          album
u + b           lubrifiant       club                                                   
u + e           rue           cueillir 
u + a           nuage                quatre             aquarium
e +
u           feu               peur              eu

e + n           en       menu      rêvent   pollen     examen    solennel
e
+ m         embrasser     femme       totem  
e + r           cerisier            aimer         amer        speaker  
e + t           et          cornet       net   
e
+ s           es            les          voiles          espoir  

Les ambiguïtés sont nombreuses :

maisons         faisons          
nus                  terminus    
long                gong         
héros              rhinocéros
quille             
tranquille

 

 

 

 

ville                    bille   
coucous             couscous
évident              vident    clef                     chef
tiers                    volontiers

Valeur orthographique lexicale

Les quelques exemples ci-après montrent la valeur orthographique lexicale d’une ou de plusieurs lettres. Chez le lecteur expert, l’orthographe entraîne une activation sémantique : il sait à la lecture du mot le sens (les sens) qu’il revêt.

point / poing                                          chaud / chaux          
mer / maire / mère                                sire / cire        
p
an / pend / paon                                  boue / bout
ou / où / houe / houx / août                  foi / fois / foie    
san
s / sang / sens / cent                        conte / compte / comte

Valeur orthographique grammaticale

Dans les exemples ci-après, une ou plusieurs lettres portent des marques de valeurs grammaticales touchant le genre, le nombre, la personne. Le lecteur expert qui maîtrise le code tire des enseignements de la forme écrite, enseignements que ne lui donne pas l’oral.

oiseau / oiseaux                              nid / nids  
sûr / sûre / sûrs / sûres                  elle / elles
lav
e/ laves / lavent                   nage /nages / nagent 
vois / voit / voient                                              
lav
ais / lavait / lavaient / lavez / laver/ lavé / lavés / lavée / lavées
 
                                                                                                       

Rendre visible ce qui est dissimulé

Seules ou associées, les lettres peuvent noter des sons et du sens.
Ces différentes valeurs sonores ou sémantiques des lettres sont parfaitement visibles à l’écrit ... mais seulement  pour celui qui connaît le code de la langue.
Ces valeurs sont dissimulées aux yeux de l’apprenant, totalement fondues dans le corps des mots.

N’est-il pas possible de les faire apparaître dans la phase de l’apprentissage afin de faciliter les tâches d’analyse de l’apprenti lecteur ?

N’est-il pas possible de lui fournir des indices perceptibles visuels -on lit avec ses yeux- qui l’aideront à accéder plus rapidement  au code, qui lui permettront de mieux voir, de mieux percevoir, de mieux exercer sa démarche d’apprenant, de la faciliter et de l’encourager en lui donnant plus de chances de réussite ?

N’est-il pas possible en fait d’agir sur le matériau, sur son apparence ?

Ce sont les questions que je me suis posées en qualité d’enseignant confronté à des élèves  rencontrant des difficultés dans l’apprentissage de la langue écrite : élèves de l’enseignement classique et de l’enseignement spécialisé, français ou étrangers, jeunes enfants, adolescents ou adultes de classes de français langue étrangère. C’est à  ces questions que je tente de répondre avec facilecture, résultat de mes réflexions, tâtonnements, expérimentations et pratiques dans le domaine de l’apprentissage de la lecture.

Les enseignants versés dans l’enseignement de la langue écrite utilisent depuis toujours des détours, des codages, afin d’aider leurs élèves à mieux voir, à mieux percevoir et mieux comprendre ce qu’ils veulent leur montrer ou leur démontrer.
Quel enseignant n’a jamais entouré, surligné, colorié, encadré, codé de façon distinctive les éléments d’un mot, d’une phrase ou d’un texte, pour les mettre en valeur, les signaler, afin d’en faire mieux apparaître les particularités ?

J’ai procédé ainsi recherchant cohérence et harmonie dans “ma” signalétique et graduellement le code facilecture est devenu l’aboutissement de ma réflexion pour entrer dans ma pratique.

C’est ce code que je propose d’utiliser afin de rendre visible les graphèmes dissimulés dans les mots.

                                                                                                                    

Utiliser les ressources de la vue

La vue est le sens habituel par lequel l’élève entre dans la langue écrite.
A partir de ce qu’on lui donne à voir et de ce qu’il perçoit, l'élève est appelé à effectuer diverses opérations mentales : similitudes, ressemblances, analogies, différences, classements, distinctions, etc.…  
A partir de ses perceptions visuelles il fait du sens, il émet des hypothèses, il tire des conclusions, exactes ou inexactes, temporaires ou définitives. 
L’écrit qui lui est proposé est le matériau qui sert de support  à ses analyses, qu’elles soient spontanées ou suscitées et guidées.

La vue permettant de percevoir le monde et les objets selon des critères de forme, de couleur et de taille, je propose d’utiliser toutes les ressources qu'elle offre en introduisant dans l’écrit les indices distinctifs de perception : couleur et taille.

Il n’y pas de problèmes particuliers dans l’apprentissage de la lecture pour bon nombre d’élèves. Ils entrent peu à peu dans le monde de l’écrit monochrome, univers de signes, formes, caractères, polices, irrégularités, y prennent des repères, accèdent au code et deviennent des lecteurs expérimentés.
La situation de tous ceux qui apprennent sans problème n’est pas un problème….
Pour d’autres le parcours est malheureusement moins aisé …
                                                                                                                     

Un codage de recours

Partant de l’idée -et de l’image- que l’on apprend à un jeune enfant à faire du vélo à ses débuts sur un engin adapté à son âge, à sa taille, et à ses possibilités motrices, dans un lieu  protégé et non tout de suite sur une bicyclette d’adulte, au cœur de la circulation, je considère que certains élèves peuvent avoir besoin d’un outil adapté pour accompagner leurs premiers pas dans l’apprentissage de la lecture.

C’est en ce sens que je propose d’utiliser un codage de recours (de secours ?) utilisant des critères facilement perceptibles et repérables visuellement afin de faire apparaître les indices du code de l’écrit dans les mots.
Ce codage n’est aucunement une signalétique extérieure qui viendrait se rajouter aux mots (soulignement, encadrement, etc.) et aurait pour effet de “polluer” le texte en le surchargeant.
Les marques de ce codage sont inscrites dans le corps même des mots, portées par les lettres elles-mêmes et n’ont d’autre fin que de signaler des indices à l’apprenti lecteur.

Ce codage n’a aucune vocation à demeurer. Il se veut être  un  “facilitateur” temporaire, une assistance passagère, pour ceux qui en éprouvent le besoin.
Il est bien évident que le but demeure d’être capable de lire à terme tous les types d’écrits sans aucun codage.

facilecture utilise trois critères pour distinguer les graphèmes :
                            la couleur                        pour les voyelles
                            la taille
et
l’italique         pour les consonnes

 la couleur 

Les phonèmes voyelles de la langue française (voyelles orales, voyelles nasales,semi-voyelle) concentrent le plus grand nombre de difficultés pour les apprenants.
facilecture utilise onze couleurs pour les distinguer. Une même couleur indique une prononciation semblable :

Les graphèmes de couleur orange se prononcent [ã],  comme dans orange
                                      
marron se prononcent [õ] comme dans marron
                                       rouge
    se prononcent [u] comme dans rouge

                                       bleu
     se prononcent [Œ] comme dans bleu 
                                       rose
      se prononcent [O] comme dans rose
                                       violet
   se prononcent [E] comme dans violet  ...
                                              

                                   
Le gris sert exclusivement à coder les lettres muettes

                    
                              
  la taille 

Cinq consonnes (c, g, s, t, x)  pouvant générer  deux sons différents sont à la source de bien des confusions :

                        c  se prononce différemment dans cabane et dans citron
                       
se prononce différemment dans garçon et dans luge 
                        s 
se prononce différemment dans serpent et dans amuser    

                        t  
se prononce différemment dans soutien et dans patience
                       
 se prononce différemment dans taxi et dans
dix
fa
cilecture indique la variation de la prononciation en réduisant légèrement la taille et le corps de la lettre
 

  l’italique 

Cinq graphèmes composés de deux lettres (digraphes/ch/  /ph/ /qu/ /gu/ /gn/ servent à coder cinq phonèmes de notre langue.
(On pourra y ajouter /sh/ importé de l’anglais).

Le codage en italique permet de  repérer rapidement ces digraphes dans un mot.

             chant    éléphant    quille    guitare   vigne    shampoing

                                                                                                                    

Les phonèmes voyelles

En utilisant 11 couleurs facilecture permet à l’apprenant de percevoir directement dans les mots les différentes graphies correspondant aux phonèmes voyelles (voyelles orales, nasales et semi-voyelle) qui génèrent le plus grand nombre de graphèmes différents et le plus de difficultés.
 

 

Code facilecture (phonèmes voyelles)

[O]

o
au
eau


 

 rose
os
fauteuil
bateau

 
 

[u]

ou





 

rouge ours
igl
oo
clown

 

[Œ]

e
eu
œu

 

 cheval
bleu
fleur
cœur

 

 

[j]

i
y
ill
il

avion
yaourt paille
soleil

 

 

 

 

[A]

a
â
à


 

 ananas âne

 


 

[y]

u



 

lune
pl
ume

[ã]

an
en
am
em


orange
d
ent
j
ambe
décembre


 

on
om


 

 marron
bonbon
trompe

[i]

i
î
y

 

hiver
igloo
île
pyjama

 

 

un
in
im
ain
aim
ein
en

 

1
sapin
timbre
main
faim
ceinture
chien

[E]

é
ez
er
è
ë
e
ai
ê
et
es
est
ei

bébé
nez
parler
père
no
ël
pelle
fraise
tête
viol
et
les
est
baleine

                                                                                                                       

Le codage des lettres muettes


facilecture permet de mettre en évidence les lettres muettes, marques orthographiques lexicales ou grammaticales.

Les lettres muettes sont  codées en gris

Présentes dans le corps des mots, elles se signalent au lecteur comme exclues de la sonorisation et en même temps comme marques orthographiques particulières.

Ce codage, outre le fait de faciliter le déchiffrement de mots nouveaux en indiquant de manière claire et directement perceptible les éléments à ne pas prendre en considération dans  la sonorisation, peut fournir une aide supplémentaire dans la prise des indices orthographiques nécessaires à l’identification des mots.

mot         tapis       grands       loup        hibou 
oiseaux        poules       sculpture    doigts      

Ce codage peut être facilement  exploité lors d’exercices de mise en situation d’observation « orthographique » de la langue écrite à partir de mots et de phrases choisis.

Le   petit   garçon  joue     avec le   ballon
Les petits garçons jouent  avec les ballons

Les garçons jouent, les filles chantent.
Les chats miaulent, les chiens aboient.

                                                                                                                     

Remarques sur le code couleur

Phonèmes  [O] [Œ] [E]  
Les archiphonèmes voyelles [O] [Œ] [E]  regroupent chacun deux phonèmes, une voyelle orale fermée et une voyelle orale ouverte qui sont les variations d’un même son :
[O]
  pot / port             [Œ]  peu / peur                      [E] fée / fer
Dans le code facilecture, une seule couleur note indifféremment les deux prononciations, fermée et ouverte.
[O] est noté par la couleur rose, [Œ] est noté par la couleur bleu[E] est noté par la couleur violet.
On pourrait objecter ici que la distinction entre voyelle fermée et voyelle ouverte devrait être indiquée dans le code facilecture. Cette option avait été prise en considération initialement, une nuance de couleur (claire/foncée) permettant de faire apparaître les distinctions.
Cette option n’a finalement pas été retenue : toutes les expériences menées avec un codage introduisant une distinction voyelle ouverte/voyelle fermée ont montré que cette discrimination n’était pas pertinente pour l’activité de lecture proprement dite.
En situation de déchiffrement, lorsque le lecteur perçoit dans un mot codé un graphème coloré  (rose, bleu ou violet) et veut le sonoriser, il adapte naturellement sa prononciation au mot de la langue orale qu’il connaît. Il ajuste le résultat de son déchiffrement à sa langue parlée, allant piocher dans son registre « langue orale » le mot qu’il possède et fait sens pour lui.
L’objectif de facilecture est de donner à l’apprenant un indice de lecture. Et l’indication du son générique (ou son moyen) représente un indice essentiel dans le déchiffrement.
Préciser au lecteur une prononciation, dont on sait par ailleurs qu’elle varie selon les locuteurs, les accents, les régions et les différents lieux de la francophonie, n’est pas l’objet. Le choix d’une couleur générique laisse chacun libre de l’ajustement sonore selon son parler.

Le choix d’une seule  couleur pour le codage des positons ouverte et fermée de la même voyelle répond à l’objectif de lecture fixé. C’est l’option par défaut du procédé facilecture.

L’enseignant utilisateur du procédé a tout loisir  d’introduire et d’appliquer dans son enseignement, s’il le souhaite, des nuances tout comme il  peut modifier certains codages pour les rendre conformes à la réalité de la langue parlée en usage par ses élèves (accent, régionalisme) ou simplement les adapter à ses choix et besoins pédagogiques.

Phonèmes [A] et [Ẽ]
Pour des raisons identiques, nous considérerons que pour  les phonèmes [A]  et [], les distinctions entre voyelle ouverte et voyelle fermée ne sont pas suffisamment pertinentes, ni suffisamment nombreuses pour être identifiées par des nuances de couleur.
Exemple : /patte/ et /pâte/ pour [A] et /brin/ et /brun/ pour []
L’observation par les linguistes de l’évolution de la langue parlée montre par ailleurs que ces oppositions qui demeurent très localisées tendent à disparaître

Phonème [y]
Nous ne  considèrerons qu’un seul  phonème [y] là où les phonéticiens  en distinguent deux, les phonèmes [y] dans /urne/ et [y] dans et /huit/

Phonème [w]  
Nous  avons choisi d’introduire le codage  oi [u + a]  pour marquer la succession des phonèmes [w + a]  comme dans  roi, et avons décidé de ne pas noter de manière spécifique le [w] que les phonéticiens relèvent dans la langue parlée et qu’il est difficile d’identifier pour un enfant et qui n’est pas fréquent dans notre langue. [w] sera codé [u].

Phonème [i] [ j ]
Dans plusieurs méthodes de lecture, le graphème /i/ est considéré comme représentant systématiquement le phonème [i] ce qui est inexact phonétiquement car, associé à une voyelle orale ou nasale qui le suit, le graphème /i/  ne se ne prononce pas [i] mais [j]. Ainsi prononce t-on  [pjano] et non [piano]
Dans le code facilecture, le graphème /i/  est codé selon le phonème qu’il représente :
               soit [i] comme dans /île/ /nid/           îlnid 
             
 soit  [j] comme dans /piano/ /bien/ / lion/ /avion/    bien  pian lion  avion

Le  graphème /y/ sera traité de la même façon ; c’est  le cas dans les exemples suivants :

              pyjama    Myriam  yaourt    yoyo   

L’association de la lettre /o/ et de la lettre /y/, comme dans les mots  /royal/   /moyen/  donne lieu à  une prononciation particulière. Nous traiterons la lettre /y/  avec une double valeur  [a]  + [j]  =  [aj]
                                                           
                                                                                                                   

Les phonèmes consonnes

c, g, s, t, x

Parmi les graphèmes sources de confusions et difficultés, figurent dans notre langue cinq lettres (c, g, s, t, x)  pour lesquelles le même signe, seul, peut coder deux phonèmes consonnes différents.

Pour ces cinq graphèmes une différenciation par la taille et le corps permet de distinguer leur variation sonore 

  • Lorsque la lettre est en corps gras, de taille normale, le phonème correspondant est le son dominant.

  • Lorsque la lettre est en corps maigre, de taille légèrement réduite, le phonème correspond à la variation.

copain   car  cerise ici   coccinelle  accident  
garçon       goûter    gor
ge      genou    girafe 
pinson      salade   mai
son    case   sosie  
tente    na
tion   attention station   natation
ta
xi    examen  exercice   di
x    six
 

Les digraphes

Cinq graphèmes composés de deux lettres (digraphes/ch/  /ph/ /qu/ /gu/ /gn/ servent à coder cinq phonèmes de notre langue.
(On pourra y ajouter /sh/ importé de l’anglais).

Le codage en italique permet de  repérer rapidement ces digraphes dans un mot.

             chant    éléphant    quille    guitare   vigne    shampoing


 

Code facilecture (phonèmes consonnes)

Dans le tableau ont été surlignés en jaune pour mieux les faire apparaître les cinq consonnes
présentant un codage particulier (réduction de la taille) et les digraphes (italique)

 

 j                 g

jardin                      girafe

[z]

 

z                  s

zèbre                        maison

 

[s]

 

s       c          ç

 

x                 t

sapin         ciel           garçon

 

dix        attention

[f]

 

f         ph

feuille      pharmacie

[S]

 

ch        sh

chat       shampooing

 

gn

peigne

[k]
 

c     qu    k      q

coq             quille    képi     

[g]
 

g     gu

gâteau     guitare

[ks]
[
kz]

 

 x
       x

taxi
                      examen

Cas du x : Cette lettre toute particulière sert  à coder le plus souvent  la succession de deux phonèmes [k + s] ou [k + z].
Elle peut aussi avoir valeur de [z] dans une liaison /dix ans /et valeur de [s] comme dans /dix/


Les signes ci-dessous n'ont pas de codage particulier.
Les mots clés qui leur sont associés permettent de voir le son qui leur correspond.

v         w

valise              wagon

m

moto

n

nid

r

roue

l

lapin

p

papa

b

bateau

t

tapis

d

danse

                                                                                                                     

Les apports du codage facilecture

     ▲

En utilisant 11 couleurs pour représenter 11 sons génériques voyelles de la langue française on réduit à 11 signes directement perceptibles visuellement l’équivalent de plusieurs dizaines de graphèmes très différents, parfois ambivalents voire même polyvalents. C’est une économie de moyens et une facilitation sur le chemin de la compréhension de la correspondance signes /sons.

En utilisant la seule couleur grise on peut signaler dans un texte toutes les lettres qui n’ont aucune valeur sonore. Du même coup on fait apparaître très distinctement la succession des seuls signes sonores, indication essentielle dans la phase d’apprentissage.

En utilisant le codage « taille », on fait apparaître la variation sonore de cinq consonnes de notre langue qui sont la source de nombreuses erreurs et confusions (c, g, s, t, x).

En utilisant le codage « italique», on fait apparaître distinctement cinq digraphes consonnes de notre langue
(ch, ph, qu, gu, gn).

Le système d’écriture de la langue française est un système mixte, composé pour l’essentiel de deux  codes :

■     un code phonographique
Les graphèmes notent des sons

■     un code morpho graphique
 Les morphèmes marquent du sens, grammatical ou lexical

 Dans le procédé facilecture :

Le code phonographique  apparaît de manière claire grâce à l’utilisation des couleurs et des tailles des lettres ; il acquiert ainsi une transparence du fait de la correspondance systématique entre les sons et les signes.

Le code morpho graphique apparaît lisiblement grâce à l’usage de la couleur grise.

 En aucune façon l’essence même de la langue n’est touchée, seule son apparence est légèrement modifiée, et de manière temporaire, le temps pour l’apprenant de s’approprier une connaissance et un savoir-faire.

                                                                                                                       

Les avantages du procédé pour l’apprenant

  • Couleur et taille font  ressortir dans un texte les graphèmes équivalant à un même phonème, facilitant de ce fait  la perception visuelle de l’apprenant.
     

  • L’apprenti lecteur -quel que soit son âge : enfant, adolescent, adulte- mis en présence d’écrits codés peut exercer son analyse perceptive sur le texte et  le questionner bien plus qu’il ne ferait avec un texte classique monochrome ; les réponses à ses questionnements sont visibles, accessibles, et contenues dans le corps même du texte.
     

  • Le procédé favorise l’auto apprentissage de l’apprenant qui, par l’observation du texte, peut découvrir des clefs le conduisant à la conquête du système de lecture. Il induit une attitude de recherche et stimule la curiosité de l’apprenant qui devient acteur de son apprentissage.
     

  • L’analyse visuelle de l’apprenant étant favorisée par la présentation d’écrits "pré analysés ", il accède ainsi plus rapidement et plus aisément -par le jeu des  analogies visuelles et correspondances sonores- à la construction du code phonographique indispensable à l’apprentissage de la lecture.
     

  • Le procédé fait apparaître de façon bien distincte la succession des phonèmes consonnes et des phonèmes voyelles, facilitant ainsi le travail de synthèse au moment du déchiffrement et favorisant la continuité dans l’acte de combinatoire
     

  • La perception visuelle des graphèmes permet l’accès au déchiffrement d’un mot nouveau par plusieurs voies si nécessaire (début du mot, milieu, fin du mot) ; elle facilite le repérage et la sélection des syllabes utiles dans le déchiffrement.
     

  • Le procédé met en évidence les lettres n’ayant aucune valeur sonore, mais porteuses cependant de marques orthographiques, ce qui ne peut que conforter le développement des compétences dans ce domaine.
     

  • Le codage visuellement perceptible des graphèmes conduit l’apprenant vers des déchiffrements « encadrés » lui évitant ainsi des sonorisations aberrantes induites par les signes polyvalents, sonorisations aberrantes qui peuvent laisser des traces profondes difficiles à corriger par la suite. Les indices visuels aident à un décodage rapide et efficace des mots nouveaux ou irréguliers.
     

  • Le procédé facilite le passage du déchiffrage à la lecture courante et constitue un entraînement à la fluidité : automatisation de l’identification des mots et intégration de la phrase et du texte.
     

  • Le locuteur étranger, déjà lecteur dans sa propre langue, verra sa tâche amplement facilitée dans la découverte et l’apprentissage de la langue française codée selon ce procédé.

                                                                                                                        

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